21/08/2009
Les premières photos de O(n)ZE Festival 09! A voir ici
18/08/2009
L'affiche se complète !!! Et on vous reserve encore de belles surprises de dernière minute...
11/05/2009
Des photos d'O(n)ZE Expo sont visibles ici.

Ysabeau de Navarre

Des connaissances techniques, un certain apprentissage du dessin et de son art, une histoire personnelle qui est pour sa part singulière, obscure... ; sorte de forêt que l'artiste inévitablement pourchasse et pourlèche.

L'artiste dans ce travail traite du corps revenu au centre du cadre de la représentation. Le corps revenu au sol iconographique et historique qu'il avait - ou croyait avoir - quitté, désormais morcelé et divisé, blessé et comme sclérosé par on ne sait encore bien quoi, si ce n'est les pigments naturels ou la peinture en bombes industrielles. L’eau et le temps, ici, font le reste. La dimension scatologique de la facture, évidente mais à la limite du secondaire, n’est due qu’à deux ou trois aspects factuels et s’exprime, d’ailleurs, plus par la forme que par le fond.

Si « le beau est le commencement du terrible » (Rilke), le terrible est alors le léger dédain et la lourde économie avec lesquels je choisis mes moyens. Le terrible c'est aussi ces coulures et ces délayages de pigments sur papier d’emballage... Le terrible c'est encore ces corps d’hommes et de femmes étendus seuls et nulle part sur ce fragile papier emprunt de vagues réminiscences capitalistes...l’horreur et, pourquoi pas, l’humour, de ces hommes et femmes délivrés de Dieu ou idéal simplement humain; ces hommes et ces femmes livrées à eux-même, largués dans l’espace intersidéral du rapport à soi et/ou aux autres. S’ils ne sont pas de peintures : une ligne glisse d’un bout à l’autre sur l’espace iconographique et sur son chemin retrouve ces figures qu’elle saisit dans leur mutation : ce sont des visages, mais ce ne sont les portraits de personne. « Le pont entre l’animal et le surhomme » de Nietzsche s’écroule : la ligne est ce fil que je lance à la surface nue du papier, cette mer qui a tant vu de pêcheurs ! Cette ligne ne retrouve rien ou si peu, quand elle ne s’égare pas dans quelques méandres « graphico- anatomiques ». Pour résumé, je tente de mettre toute la dimension barbare et criminologique (avec la psychanalyse : dans un refoulement raté) dans une non moins rassurante distance iconographique.