Jérôme ALLAVENA
Tour à tour généticien, cartographe, traducteur, mathématicien, j'ai établi n rapport qui va au-delà de la simple observation avec la nature instable du dessin. A mi-chemin entre l'abstraction pure et la représentation, sa vertu et sa fluidité. Un dessin peut être extrêmement contrôlé et délicat, un acte d'hommage, évocateur de a mémoire, de l'histoire ou du désir personnel. Il peut être automatique, répondre à des éléments irrationnels ou bien encore être la rencontre fortuite de matériaux. Ainsi en ne perdant pas de vue que le dessin ne se réduit pas au simple crayon à papier, j'interroge aussi bien sa temporalité que sa genèse. Et pour cela, je varie les mediums en fonction des projets - photo, vidéo, installation ou image numérique-.
Le dessin m'offre un éventail extraordinaire de possibilités : c'est par exemple une carte du temps qui note les actions du dessinateur. Les cartes sont toujours abstraites par nature, voire même approximative, quel que soit leur degré de précision scientifique et électronique. Ce qui ne les empêche pas de toujours raconter des histoires, qui doublent le voyage projeté d'un voyage mental et temporel.
"Condérons les deux aspects principaux du dessin aujourd'hui. Le premier est l'aspect théorique et conceptuel du dessin. Tout peut être considéré comme une forme de dessin. On peut noter la nature tautologique du dessin: il décrit sans cesse sa propre genèse dans son devenir. Dans un sens, le dessin n'est rien de plus, et dans son eternel inachèvement, il reproduit toujours l'imparfait et l'incomplet. En revanche, l'autre aspect du dessin, est fondé sur des domaines de l'expérience humaine avec lesquels il a fini par s'associer: intimité, simplicité, authenticité, immédiateté, subjectivité, histoire, mémoire, récit. Le dessin est un sentiment, une attitude qui se trahit aussi bien dans les matériaux choisis que dans les procédés.1"
C'est en oscillant entre ces différents aspects, que je dissèque au sens propre comme au figuré la nature du dessin. La question du poit de vue n'est jamais très éloignée de la source. Qu'est-ce qui va générer mon dessin? A partir de quoi je dessine? Qu'est-ce que je représente. Et parfois même, je déconstruis le dessin, je lui fait perdre sa notion de vide et de plein pour non seulement le rendre abstrait mais aussi pour souligner que "la ligne suggère toujours une suite illimitée et nous rattache donc à l'infinité et à l'éternité.2"
1 et 2 : (Emma Dexter, Vitamine D, Introduction)
Jérome Allavena